Théo Haggaï

Depuis plus de dix ans, Théo Haggaï investit l’espace public avec des interventions sensibles et engagées.
Après avoir exploré le grand format, son travail se concentre aujourd’hui sur les détails, les interstices et ces fragments discrets de la ville que l’on ne regarde plus. Depuis 2025, il y intègre des gravures sur pierre ou réalisées à partir d’empreintes prélevées directement dans l’environnement urbain.
Ses œuvres prennent place dans des creux, des manques, des espaces souvent ignorés. Elles déploient un langage visuel construit au fil du temps, traversé par des notions de solidarité, d’entraide et de résistance.
En attirant l’attention sur ces zones délaissées, ces interventions font écho à celles et ceux que nos sociétés rendent invisibles. Une manière subtile de leur redonner une place dans le paysage, et de faire émerger, au cœur du quotidien, la possibilité d’un autre regard.

Crédit photo : ©Julia LEFEVRE – Festival Inspire / Reproduction ou usage interdit sans mention

Théo Haggaï est un artiste plasticien, muraliste et graveur français, vivant et travaillant à Paris. Son travail s’inscrit à la croisée de l’art urbain, du dessin et de la gravure, avec une démarche profondément humaniste nourrie par l’observation du monde contemporain.

Issu d’un parcours en arts appliqués et en communication visuelle, il s’oriente progressivement vers une pratique artistique plus personnelle. Après des débuts dans la photographie, il investit l’espace urbain au début des années 2010, notamment à Lyon, où il commence à dessiner directement dans la rue avec des outils simples : craie, encre, peinture ou collage.

Au cœur de son univers apparaissent ses figures emblématiques : les “Rêveurs”, silhouettes minimalistes et anonymes, souvent accompagnées de mains tendues ou entrelacées. Ces motifs récurrents traduisent une vision égalitaire de l’humanité : les mains, semblables les unes aux autres, deviennent le symbole d’une humanité unie, solidaire et capable d’agir collectivement.

L’artiste explore également la répétition du motif, notamment à travers la création de mandalas monumentaux dans lesquels ses personnages s’organisent en constellations humaines. 

Parallèlement à ses fresques murales, Théo Haggaï développe un travail d’atelier autour de la gravure, notamment sur bois ou sur pierre. Il aime également semer dans la ville de petites œuvres gravées, discrètes et accessibles, destinées à être découvertes par hasard par les passants, comme des traces sensibles laissées dans le paysage urbain.