OJI

La marnière de Bouville — Oji

L’artiste Oji propose une œuvre profondément ancrée dans la mémoire du territoire, nourrie par une semaine de rencontres et d’échanges avec les habitant.es.

Au fil des jours, les récits se sont entremêlés, faisant émerger souvenirs collectifs et fragments plus intimes, aujourd’hui inscrits dans la fresque. Certains visages et éléments se laissent reconnaître, d’autres se dévoilent plus discrètement.

La scène se déroule sous terre, comme une plongée dans ces traces du passé parfois enfouies. Elle fait écho à la marnière de Bouville, ce lieu emblématique dont l’ampleur, dit-on, rivalise avec celle de l’église du village.

Et pour prolonger l’expérience, la fresque se révèle également… en mouvement, à travers l’objectif d’un smartphone. 

Lors de sa venue, l’artiste a aussi disséminé plusieurs personnages dans le cœur du village… saurez-vous tous les retrouver ?

Oji est un artiste urbain français dont le travail mêle poésie visuelle, narration sensible et engagement humain. Autodidacte, il découvre le dessin à l’âge adulte, lors d’une période de convalescence qui agit comme un tournant décisif dans sa vie. Cette rencontre avec le dessin devient une forme de renaissance personnelle et artistique.

En 2014, il s’initie à la bombe aérosol et commence à investir les murs de la ville. Très vite, la rue devient pour lui un espace d’expérimentation et de liberté. Influencé par la peinture américaine, le design graphique et la culture visuelle urbaine, il développe progressivement un langage pictural singulier, nourri par une recherche constante autour de la couleur, de la composition et du dessin.

Oji définit son univers comme un « réalisme poétique », une manière de raconter des histoires simples mais profondément humaines. Ses œuvres mettent en scène des personnages, des mains, des oiseaux ou des éléments végétaux, souvent porteurs de symboles. Les oiseaux, notamment, reviennent fréquemment dans ses compositions comme métaphore de la liberté et du mouvement, tandis que les mains deviennent un langage visuel à part entière, révélant l’identité et l’histoire des individus.

Son travail s’inscrit aussi dans une attention particulière au quotidien et aux récits ordinaires. Inspiré par des artistes comme Edward Hopper, il cherche à saisir ces instants suspendus, ces silences visuels qui invitent à observer autrement le monde qui nous entoure. À travers ses fresques et ses toiles, il interroge ce que l’on ne voit plus, redonne une place à l’ordinaire et transforme l’espace urbain en lieu d’émotion et de contemplation.

Très présent dans l’espace public, Oji développe également de nombreux projets participatifs et collaboratifs, notamment dans des quartiers urbains ou des contextes sociaux. Il conçoit l’art comme un vecteur de rencontre et d’échange, donnant naissance à des œuvres collectives nourries par le dialogue avec les habitants et les territoires.

Entre murs monumentaux, interventions urbaines et œuvres d’atelier, Oji poursuit aujourd’hui une recherche artistique profondément humaine, où la peinture devient un langage universel, capable de relier les individus et de raconter des histoires sensibles.